Dans l'objectif d'une passionnée : Anaïs Photos Aventure

Anaïs ne photographie pas seulement des animaux ; elle révèle leurs émotions. Spécialisée dans les domaines canin et équin et fondatrice d'Anaïs Photo Aventure, elle utilise son objectif comme un outil pour décrypter l'émotion brute. De ses débuts à ses aspirations créatives, elle partage avec une passion communicative son approche, son engagement pour l'éthique et son message sans filtre sur le bien-être animal. Découvrez la vision percutante de cette artiste.

Son parcours : un métier passion
Animopro : Bonjour Anaïs ! Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter et nous raconter comment est née “Anaïs Photo Aventure” ?
Anais : Alors, je m'appelle Anaïs, j'ai 21 ans. J'ai commencé la photographie vraiment en avril 2024, donc c'est assez récent. J'ai débuté par un concours équestre en saut d'obstacle et après j'ai continué. J'ai eu mon premier objectif, quand j'avais 18 ans. J'ai fait énormément de photos pour m'entraîner, énormément de formations pour avoir la bonne prise de vue. J'ai une autre activité, l'éducation canine, qui est toujours présente. Je me suis spécialisée dans le "syndrome de privation sensorielle". Mais mon but est de laisser la photographie prendre pleinement sa place dans ma vie.
Animopro : Comment es-tu tombée dans la photo animalière — c’est venu de ton amour des animaux, du cheval, du chien ?
Anais : C'est ça. J'ai toujours aimé la photographie. Quand j'ai eu mon premier chien, Raven, c'est là où j'ai fait beaucoup de photos pour le valoriser, car c'est un ancien étalon d'élevage en Staffie. Des amis dans le monde des expos m'ont dit : "Ton réglage n'est pas bon, tu devrais faire ça comme ça." C'est grâce à eux que j'ai repris l'amour de la photo. Après, je me suis dit : "J'aime les animaux, j'aime les chiens, j'aime les chevaux, j'aime la photographie. On allie les deux, pourquoi pas ?" De toute façon, tous les métiers que j'ai fait, c'est des métiers passion.
Le Mouvement : Capturer la symbiose
Animopro : Tu es spécialisée dans la photographie canine et équine — qu’est-ce qui t’attire le plus dans ces deux univers ?
Anais : On va partir sur l'équestre. J'ai été cavalière de mes 6 à mes 12-13 ans. L'amour pour les chevaux, je l'ai depuis bien longtemps. J'ai commencé en photo équestre, en compétition, en saut d'obstacles suite à une demande sur un groupe de photographes. Ce que j'aime au niveau des concours, c'est la beauté quand le cheval saute avec l'humain. C'est vraiment magnifique. Quand tu as une reprise de dressage, tu vois la symbiose.
À titre personnel, je préfère le mouvement. J'adore voir le chien et le cheval en action. C'est là où tu vois ce grain de folie qu'ils ont.

Animopro : Qu’est-ce qui différencie un shooting avec un chien d’un shooting avec un cheval ?
Anais : Avec les chiens, ça va être plus du mouvement que je met en avant avec avec la poudre colorée par exemple. On utilise de la poudre qui n'est pas toxique, comme celle des courses indiennes. C'est quand le chien saute et que toute la poudre s'envole. Je trouve ça sublime !
Pour ce qui est du lieu pour le shooting, je suis vraiment plus attachée à la nature, donc ça sera dans les forêts ou des champs. De temps en temps, on fait en ville bien évidemment.
J'aime bien que chaque image raconte une histoire.
J'adore capturer l'œil, parce que l'œil, c'est l'âme. J'aime l'idée de faire ressentir une émotion forte quand tu vois l'animal.
Animopro : Une anecdote amusante ou marquante pendant un shooting ?
Anais : J'ai fait un shooting avec une amie pour ses chevaux. Quand j'ai photographié l'œil de son cheval, elle m'a dit : "On voit tout son passé." Elle a reçu les photos papier que je voulais lui offrir, et elle n'a pas pleuré tout de suite. Mais elle est tombée sur l'œil à la fin et là, elle a pleuré. Quand j'ai envoyé les photos d'Australiens à une autre amie, elle a pleuré aussi. Ce n'est pas que je veux les faire pleurer, mais je veux réussir à faire ressentir une émotion forte.
L'expérience
Animopro : Quand un client fait appel à toi, comment se déroule un shooting type ?
Anais : On peut me contacter sur mes réseaux sociaux (Instagram, Facebook, TikTok) ou via mon site internet. Une fois que j'ai le contact, je demande toujours : Quel est le budget ? Quelles sont vos attentes ? Pour un chien, plutôt en mouvement, en statique ? Pour un lieu, est-ce que vous avez une idée, une préférence ? Pour les chevaux, est-ce que c'est en montée, pendant une séance ou une reprise ?
Je m'adapte vraiment au client à 100%.
Animopro : Est-ce que tu rencontres l’animal avant le jour J pour le mettre à l’aise ?
Anais : C'est là où je demande le caractère de l'animal.
Est-ce qu'il est craintif ? Est-ce qu'il a déjà vu un appareil ? Si j'ai un chien craintif, par exemple, pour un shooting d'une demi-heure, ce n'est pas assez. On va se désensibiliser à l'appareil photo, faire une petite balade pour qu'ils banalisent ma présence et mon appareil.
L'éducatrice canine que je suis reprend le dessus. J'analyse tous les petits détails : où je peux me placer, où je ne peux pas. Je tiens toujours à désensibiliser l'animal à l'appareil, lui montrer, et lui faire entendre le déclencheur. S'il ne supporte pas le déclencheur, je le mets en sourdine.
Quoi qu'il arrive, j'essaie vraiment de m'adapter à chaque animal.

Animopro : Tes photos dégagent souvent beaucoup d’émotion. Qu’est-ce que tu cherches à faire ressentir à travers ton travail ?
Anais : Je veux vraiment que quand on voit une photo, on en ait des frissons. Que ce soit l'œil, le regard, je veux qu'on ait cette émotion et cette connexion. Je veux qu'on voie l'émotion du chien, qu'il soit apaisé et serein. Je ne veux pas que ce soit une contrainte, mais un moment de plaisir. Je veux vraiment montrer que l'animal est plus qu'un animal, c'est un membre de la famille.
Animopro : Tu dis parfois que tu « photographies des liens », tu peux nous en dire plus ?
Anais : Oui, tout à fait, je fais des shootings humain-animal. C'est une photo où tu as vraiment la connexion entre les deux, leur lien unique.
J'adore les demi-têtes : la demi-tête d'un humain et la demi-tête d'un chien ou d'un cheval, vraiment œil à œil. Ça me fait craquer quand je les retouche.

Futurs projets
Animopro : As-tu des projets en cours ou à venir que tu aimerais partager avec nous ?
Anais : J'aimerais me spécialiser dans la photo avec les poudres colorées et faire des shootings dans toute la France. Là, pour l'instant, je suis restée sur le 77, 02, 10, 51 et 89.
Un de mes rêves serait la macro au niveau des iris des animaux.
J'ai un projet pour l'année prochaine : monter en Belgique et proposer un shooting au Parc des Hautes Fagnes. C'est un lieu que je ne connais pas, très nature, avec une vibe unique, ça me tient à cœur.
Stop à la maltraitance banalisée : 5 points essentiels
Animopro : Pour terminer, quel message aimerais-tu faire passer à ceux qui partagent leur vie avec un animal ?
Anais : Le message principal que j'aimerais faire passer est celui-ci : s'il vous plaît, ne vous mettez pas en situation de maltraitance banalisée.
- Elevage et stérilisation/castration : Si vous choisissez d'adopter chez un éleveur, faites fonctionner les éleveurs responsables et éthiques ! Ils ne font pas de la masse ; ils respectent les lignées, la santé et le bien-être de leurs animaux. Fuyez absolument ceux qui reproduisent sans conscience. C'est essentiel pour le bien-être animal à l'échelle nationale. C'est très important pour éviter les maladies graves et surtout, la reproduction de masse qui contribue directement au remplissage et à la surcharge de nos refuges et fourrières.
- Surpoids : Arrêtez de mettre vos chiens en surpoids. Le fait que votre chien soit en surpoids, c'est de la maltraitance banalisée. Cela engendre des problèmes de santé graves (ligaments croisés, rotules, dysplasies).
- Alimentation : Si vous n'avez pas les moyens d'offrir une alimentation adaptée et de bonne qualité (sans céréales, qui sont inutiles pour un carnivore, et non des croquettes bas de gamme qui sont du poison sur le long terme), n'adoptez pas.
- Choix de la race : Prenez des chiens adaptés à votre mode de vie. On ne prend pas un Husky si on n'a pas la fibre sportive, ni un Staffy si on n'a pas le temps nécessaire. Soyez conscients des besoins génétiques et du caractère de l'animal.
- Bien-être et douleur : Ne pas prendre en compte la douleur (problèmes d'intestin, douleurs articulaires) ou les troubles comportementaux comme le syndrome de privation sensorielle (syndrome du chenil) est de la maltraitance banalisée. Parfois, le chien a besoin de médication et de soins pour vivre sereinement ; il ne faut pas l'ignorer.
Donnez à votre animal la qualité de vie qu'il mérite.
Anaïs, à travers Anaïs Photo Aventure, offre une vision sans compromis de la relation et de l'instinct animal. Sa double compétence d'éducatrice et de photographe garantit une expérience professionnelle et éthique, aboutissant à des clichés chargés d'une émotion durable.
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