Témoignage d’Évelyne, enquêtrice de la SPA

Derrière chaque sauvetage d’animal se cache souvent une main bienveillante, une voix qui refuse de se taire.
Évelyne fait partie de ces personnes. Enquêtrice bénévole à la SPA depuis plusieurs années, elle agit chaque jour pour protéger ceux qui ne peuvent pas se défendre.
Dans cette interview, elle revient sur son parcours, les réalités du terrain et les émotions fortes qui accompagnent ce rôle essentiel.
Qui est Évelyne ?
Animopro : Bonjour Évelyne, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer en quoi consiste votre rôle d’enquêtrice à la SPA ?
Évelyne : Je m’appelle Évelyne Chambon, je suis enquêtrice auprès de la SPA. Je suis bénévole, mais pour moi, ce n’est pas ce qui compte. Ma vraie récompense, c’est de pouvoir sauver des vies. Beaucoup d’animaux sont malheureux, et mon “salaire”, c’est leur bonheur.
Nous intervenons sur le terrain suite à des signalements. Par exemple, dernièrement, nous avons sauvé plus de vingt chats qu’une dame gardait dans un petit cagibi, exposés au froid et aux courants d’air. Elle les aimait, mais elle ne comprenait pas que les chats ont besoin de chaleur, d’attention et de soins. Aucun n’était stérilisé. Avec la gendarmerie, nous avons réussi à récupérer vingt-trois chats, placés dans différents refuges.
Animopro : Comment en êtes-vous venue à vous engager dans ce rôle ?
Évelyne : Tout a commencé le jour où ma fille m’a demandé un chien. Je pensais en acheter un, puis je me suis dit qu’il valait mieux sauver une vie. Nous sommes allées à la SPA, et là, j’ai vu tous ces chiens derrière les grilles, attendant un foyer. Ça m’a profondément marquée.
En discutant avec le responsable du refuge, il m’a expliqué qu’ils manquaient d’inspecteurs pour enquêter sur les maltraitances. Je me suis proposée sans hésiter, même bénévolement. Et c’est comme ça que tout a commencé.
Cela fait maintenant six ans que je suis enquêtrice. Et malgré la difficulté, je ne changerais cette expérience pour rien au monde.

Les enquêtes & la réalité du terrain
Animopro : Concrètement, comment se déroule une enquête ?
Évelyne : Les signalements arrivent à la SPA par téléphone ou via le site officiel. Ils sont ensuite transmis aux enquêteurs selon leur secteur géographique. J’ai une carte professionnelle et je me présente toujours avant toute discussion.
Lorsque la situation semble dangereuse ou tendue, nous faisons appel à la gendarmerie. Leur présence est souvent nécessaire, surtout quand les personnes deviennent agressives.
Animopro : Vous êtes souvent confrontée à des situations d’urgence ?
Évelyne : Oui, surtout l’été. Une fois, un chien était enfermé dans une voiture en pleine canicule. Une passante a alerté la gendarmerie, puis nous. Nous avons dû briser la vitre pour sauver l’animal. Le propriétaire a écopé d’une amende et a perdu la garde du chien, qui a été adopté par la dame témoin. Cette histoire fini bien, heureusement, mais ce n’est pas toujours le cas.
Animopro : Et à quelle fréquence gérez-vous des enquêtes ?
Évelyne : Nous n’avons pas de quota. Nous intervenons dès qu’on nous en confie. Je dis souvent que moins on en a, mieux c’est, car cela veut dire que les animaux souffrent moins.
Animopro : Quelles sont les situations les plus fréquentes ?
Évelyne : Il y a deux types de cas : la négligence et la maltraitance volontaire. Parfois, des propriétaires aiment sincèrement leurs animaux mais ne savent pas comment s’en occuper. D’autres, malheureusement, agissent par violence.
Les limites et la coopération
Animopro : Jusqu’où pouvez-vous aller dans vos interventions ?
Évelyne : Nous avons le pouvoir de retirer un animal si la situation le justifie, mais tout dépend des circonstances. Quand cela devient dangereux, nous faisons appel aux forces de l’ordre. Elles nous soutiennent énormément.
Animopro : Vous sentez parfois un sentiment d’impuissance ?
Évelyne : Oui, bien sûr. Il y a des cas où la loi ne nous permet pas d’agir aussi vite qu’on le voudrait. Parfois, les peines sont trop légères. Je me souviens d’un chasseur qui gardait des chiens squelettiques dans un box. Il a pris six mois de prison, mais pour moi, c’est insuffisant. Ce sentiment d’injustice, il est permanent.

Sensibiliser, prévenir, agir
Animopro : Quelles erreurs voyez-vous le plus souvent chez les propriétaires ?
Évelyne : Le manque de soins, les animaux non stérilisés... Certains pensent aimer leurs animaux, mais ils les gardent dans des conditions indignes sans s’en rendre compte. Souvent, ce n’est pas de la méchanceté, c’est de l’ignorance.
Animopro : Que souhaitez-vous que le grand public comprenne ?
Évelyne : Qu’un animal, c’est une responsabilité. Ce n’est pas un jouet ni un passe-temps pour les enfants. Les gens doivent comprendre qu’avant d’adopter, il faut réfléchir à long terme : soins, alimentation, frais vétérinaires, éducation.
Comment agir face à une maltraitance ?
Animopro : Que doit faire une personne témoin de maltraitance animale ?
Évelyne : D’abord, il ne faut jamais intervenir seul. Il faut contacter la SPA et la gendarmerie. Sur le site de la SPA, il y a un formulaire de signalement officiel. Les informations les plus utiles sont : l’adresse exacte, les photos si possible, et une description précise des faits.
Les signalements peuvent être anonymes. Beaucoup de gens ont peur de représailles, mais ils peuvent tout à fait rester discrets. Chaque signalement, même anonyme, est traité avec sérieux.
Animopro : Et que ne faut-il surtout pas faire ?
Évelyne : Il ne faut pas s’introduire chez les gens. Cela peut nuire à l’enquête. Le mieux, c’est de prévenir les autorités compétentes et de laisser les professionnels agir.
Animopro : Et comment chacun peut contribuer à améliorer la condition animale ?
Évelyne : En signalant, en adoptant plutôt qu’en achetant, en sensibilisant son entourage. Chacun peut agir à son niveau. Même une simple conversation peut ouvrir les yeux à quelqu’un.

Les émotions et la force humaine
Animopro : Comment gérez-vous les émotions liées à tout ce que vous voyez ?
Évelyne : C’est difficile. On doit garder la tête froide pour agir efficacement. Mais on n’est pas des robots. Il y a des moments où c’est très dur. Heureusement, on se soutient entre collègues. Ce qui me fait tenir, c’est de voir les animaux heureux après un sauvetage.
Animopro : Un souvenir marquant ?
Évelyne : Il y en a beaucoup. Je me souviens d’un Malinois retrouvé attaché à un piquet, affamé, sans eau. Son propriétaire est devenu violent, nous avons dû appeler la gendarmerie. Le chien a été saisi et adopté… par un gendarme ! Il est aujourd’hui en formation pour devenir chien de service. Une seconde chance magnifique.
La passion du portrait animalier
Animopro : En dehors de votre engagement à la SPA, vous avez aussi une autre activité créative. Pouvez-vous nous en parler ?
Évelyne : Il y a aussi une autre chose que je fais, je suis assez manuelle, j’aime la création, et je suis décoratrice sur porcelaine.
Je fais des portraits de chiens et de chats. Je travaille d’après photo, je dessine à partir des images que mes clients me confient de leur chien ou de leur chat.
Je suis portraitiste animalière parce que j’adore ça. Je le fais surtout sur la porcelaine, mais je peux aussi peindre sur d’autres supports, comme des tableaux.
Découvrez l’un de ses récents portraits ici.
Si vous êtes intéressés, vous pouvez la contacter à : evelyneAnimopro@gmail.com

Espoir et engagement
Animopro : Qu’est-ce qui vous pousse à continuer ?
Évelyne : Les regards des animaux sauvés. Quand on sort un chien ou un chat de la misère, on sent sa reconnaissance. C’est indescriptible. Ils ne parlent pas, mais leurs yeux disent tout.
Je continue pour eux, pour chaque vie qui mérite une seconde chance.
Je veux aussi dire à tous les propriétaires : pensez à assurer vos animaux. Une assurance santé peut éviter bien des abandons quand les frais vétérinaires deviennent trop lourds. On voit trop d’animaux souffrir parce que leurs maîtres n’ont pas les moyens de les soigner.
Le combat d’Évelyne n’est pas seulement une lutte contre la maltraitance, c’est un acte d’amour et de justice. Derrière chaque enquête, il y a de la colère, de la tristesse, mais surtout une immense compassion.
Son message est clair : agir, signaler, sensibiliser, et ne jamais détourner le regard.
Parce que chaque animal sauvé est une victoire sur l’indifférence.
🐾 Vous pouvez, vous aussi, soutenir la SPA et ses enquêteurs bénévoles :
Mais le combat continue aussi après l’adoption. Comme le rappelle Évelyne, adopter un animal, c’est s’engager à le protéger tout au long de sa vie — y compris face aux imprévus de santé.
Souscrire une assurance santé animale, c’est lui offrir les meilleurs soins sans se soucier du coût, et lui garantir une vie sereine et heureuse à vos côtés.
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